Frix

Le refroidissement du moût est une étape indispensable dans le brassage (rappel du post « Le Processus », étape 5). Il y a plusieurs méthodes depuis la plus système D (qui consiste à mettre la cuve d’ébullition dans une baignoire remplie de glace par exemple) à la plus « pro » (l’échangeur à plaques). En ce qui me concerne, la perspective de soulever (et porter) une cuve avec 50L (et donc 50 kg, on se rappelle de ses cours de maths de primaire…) de moût jusqu’à une baignoire remplie de glace ne me bottait pas trop, au delà du fait que je n’ai pas de baignoire (ce qui constitue, j’en conviens, l’argument de base avant le « porter 50L de moût »…). Paye ton risque de t’ébouillanter lors du déplacement de la cuve ! Sans compter qu’il faut refroidir le moût super vite pour ne pas favoriser le développement de bactéries.

L’échangeur à plaques… Comment dire… C’est cher !! Bref tout ça pour dire que j’ai opté pour le serpentin refroidisseur. Il est possible d’en acheter tout fait mais que serait la vie sans ses défis incessants ? J’ai donc décidé de passer en mode « Do It Yourself » intégral et de le fabriquer moi-même. Bien que ne connaissant strictement, mais alors, strictement que dalle à la plomberie (et donc ne connaissant pas plus la gueule des pièce à acheter) je suis donc aller zoner sur différents forums et sites (dont les liens sont à droite) pour choper des « tutos ». Je suis partie avec une liste précise de pièces mais bon, le montage a un peu évolué entre temps, de façon à ce que je puisse l’adapter à ce que je voulais faire. Autant vous dire que la session bricolage a été assez épique vu que je n’avais jamais rien bricolé de mes petites mains.

Pour le serpentin et les liens : cuivre obligatoire + inox (pas d’alu : ça mettrait des saloperies de particules de métal dans le moût et c’est un petit peu cancérigène…). Comme pour les casseroles des grand mères : que du matériel qui peut être en contact avec l’alimentaire. Ca veut dire cuivre pour le corps du serpentin et inox pour les colliers. Essayez de favoriser les joints silicones (quitte à découper des moules à gâteau), même si les joints caoutchouc de plomberie seront suffisants pour les nez de robinet, etc…

J’en retire, au delà des super ampoules que je me suis trainée pendant 2 semaines, une satisfaction énorme parce que :

1) c’est moi que je l’ai fait ! (et qu’il est pas trop super moche au regard du fait que j’avais jamais travaillé ces matériaux)

2) j’ai appris plein de trucs sur la plomberie alors que j’étais vraiment une grosse buse, hein. Déjà le nom et la gueule des pièces (et c’est pas triste…) et aussi le fait qu’on peut jouer aux légos avec ! Pas de pièce sortie M en magasin ? Pas de problème : on prend une sortie F sur laquelle on raccorde une double sortie M et le tour est joué ! Bref, c’est rigolo quoi…

3) C’était assez drôle de façonner le cuivre recuit en enroulant la couronne sur mon sceau plein de terre. Passer les liens de cablette terre, tout ça… Sans machine… (d’ailleurs, conseil : prenez des liens de cuivre plus fins que de la cablette, c’est super galère… J’ai percuté à la fin du montage qu’il existait comme du fil de fer cuivre, ça aurait été vachement plus simple…). Bref, j’ai bien aimé le côté « Roots ».

4) J’ai appris certaines évidences du bricolage qui paraîtront, comme son nom l’indique, évidentes pour celles et ceux d’entre vous qui ont l’habitude mais pour moi, c’était une grande découverte, partant d’un niveau bricole qui pouvait tomber en dessous du niveau zéro. Passer de l’enduit c’est une chose mais construire soi-même un truc, c’en est une autre…






Mon montage est donc le suivant :

– L’arrivée d’eau c’est un robinet sur lequel est branché le tuyau d’arrosage du jardin. Au lieu de brancher un terminal d’arrosage sur l’extrêmité du tuyau, celui-ci sera raccordé à un nez de robinet. Ce nez de robinet est raccordé (avec joint) sur un flexible.

– Le flexible est raccordé sur un autre nez de robinet sur lequel est adapté le tuyau cristal (avec collier de serrage). A l’autre extrêmité, le tuyau cristal est branché à un autre nez de robinet qui est lui même vissé (avec joint) sur un raccord américain.

– Le raccord américain est raccordé sur une des extrêmités du serpentin cuivre préalablement façonné (l’eau doit circuler de haut en bas dans le serpentin)

– A l’autre extrêmité, le serpentin est relié à un autre raccord américain sur lequel est vissé un nez de robinet. L’autre morceau de tuyau cristal est raccordé. A l’autre extrêmité du tuyau cristal : une jonction rapide (comme ça on pourra brancher un autre tuyau d’arrosage, au cas où le tuyau cristal serait trop court ou qu’on veuille récupérer l’eau pour l’arrosage, le lavage de la voiture ou autre)

En voyant ça vous allez, j’en suis certaine, vous dire : il n’est pas possible de faire plus simple ? Sans aucun doute ! C’est à vous d’adapter les montages à vos propres contraintes : où voulez vous brasser ? Sur quel robinet vous voulez vous raccorder ? Parce que tous les robinets n’ont pas le même filetage (20×27 ; 15×21, etc…), les pièces que vous cherchez ne sont peut-être plus en stock, vous vous êtes planté lors de l’achat… Bref.Il faut cogiter un peu son truc sans impatience, l’achat du matos pouvant se révéler plus qu’épique…

Pour ma part, je suis partie sur un montage qui me permettait de brancher le serpentin dans ma cuisine, d’où le flexible et compagnie et puis, après réflexion, j’ai décidé de brasser à l’extérieur (histoire que ma pauvre gazinière n’aie pas à supporter 50L de moût…) avec réchaud à paella (ce qui n’était pas prévu au départ du Spring Project qui, au fil du temps, se transfome en projet de Pico Brasserie…), du coup il fallait que je puisse me brancher sur mon tuyau d’arrosage. Le flexible peut donc s’avérer inutile. Si vous branchez sur de l’arrosage, il suffit de mettre une jonction rapide à chaque extrêmité du tuyau cristal. Mais bon, quand on débute…



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10 Comments

  1. Nicolas
    NicolasRépondre
    22 mai 2015 at 10 h 17 min

    Plutot cool… Seulement on arrive à 90€ alors qu’on trouve des refroidisseurs tout fait à 60€, un peu dommage !

    • Frix
      FrixRépondre
      6 juillet 2015 at 13 h 50 min

      Salut,
      Effectivement, comme je l’ai signalé dans l’article, le montage est à adapter en fonction des besoins. Par ailleurs, tous les refroidisseurs ne sont pas efficaces quels que soient le nombre de litres à refroidir (ça dépend de la longueur du cuivre). Pour ma part, je gère environ 55L de moût donc, si j’avais du acheter un refroidisseur tout fait, je ne l’aurais pas payé 60 euros ! A ce prix là, je doute que le refroidisseur soit efficace pour un tel litrage, sans doute adapté pour des quantités proches de 20L. Tu aurais des infos complémentaires à ce sujet ?
      D’ailleurs, si je devais faire évoluer mon matériel, j’envisagerais sans doute d’augmenter la longueur du cuivre.
      Pour ce qui est de l’échangeur à plaques, trop de contraintes au nettoyage et trop grand risque d’infections par la suite. C’est pourquoi j’avais choisi le serpentin.
      Je suis tout de même très curieuse de voir la qualité du refroidisseur dont tu parles. Si tu as un lien, n’hésite pas à partager !

  2. Rémy
    RémyRépondre
    12 septembre 2016 at 16 h 17 min

    Super tuto ! On va tester de le faire ce week end 😉 Merci

    • Frix
      FrixRépondre
      11 novembre 2016 at 21 h 54 min

      Salut ! Merci pour ton com ! Et bon courage à toi.

  3. Gaétan
    GaétanRépondre
    21 octobre 2016 at 8 h 04 min

    Bonjour, super tuto, j’y avais pensé mais j’ai toujours eu un doute sur le faite que le cuivre donne un goût à la bière. Verdict?

    • Frix
      FrixRépondre
      11 novembre 2016 at 21 h 52 min

      Dans « l’ancien temps », les casseroles étaient en cuivre avant que l’inox ne remplace. Du coup, pas de soucis, ça n’a pas d’impact sur le goût de la bière 😉

  4. Vivien
    VivienRépondre
    30 mars 2017 at 10 h 44 min

    Salut,
    Pour ce qui est du risque d’infection, plonger le refroidisseur dans le moût encore en ébullition et laisser cuire, cela va tier les bactéries.
    En tout cas merci pour ton tuto.

    • Frix
      FrixRépondre
      30 mars 2017 at 10 h 47 min

      Effectivement, tu as raison. Ceci dit, un bon nettoyage avant de plonger le serpentin n’est pas du luxe ! Merci pour ton commentaire !

  5. Konzy
    KonzyRépondre
    9 mai 2017 at 9 h 56 min

    Salut, merci pour ton tuto il est super bien décrit et les dessins sont TOP !
    Je galère à trouver du PVC en diamètre 12mm alors j’ai pensé adapté pour mettre du tuyau jaune d’arrosage de jardin.

    Dis moi le type de tuyaux utilisé en sortie a-t-il son importance ? Quid de la température de sortie ?

    • Frix
      FrixRépondre
      9 juillet 2017 at 13 h 02 min

      Salut,
      Merci pour ton com. Je te conseille d’aller faire un tour sur le forum « Brassage Amateur » pour des renseignements plus pointus. Ca peut le faire en sortie avec un tuyau d’arrosage (c’est ce que j’utilise d’ailleurs). La température de sortie sera aux alentours de 90°.
      Bon brassin !

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